L'Oise Agricole 17 décembre 2020 � 09h00 | Par actuagri

Légumes de France : objectif 60 % d’autosuffisance en deux ans

Le Congrès de Légumes de France s’est tenu le 8 décembre. La Fédération se donne l’ambition d’augmenter l’autosuffisance dans ses productions, dans les vingt-quatre prochains mois.

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Jacques Rouchaussé, président de Légumes de France : «Pour atteindre 60 %, quelques milliers d’hectares nous suffisent».
Jacques Rouchaussé, président de Légumes de France : «Pour atteindre 60 %, quelques milliers d’hectares nous suffisent». - © Richard Cremonini/La Marne agricole

Le congrès annuel de Légumes de France (LDF) devait initialement se tenir à Nantes les 19 et 20 novembre. La crise sanitaire ne l’a pas permis et la fédération a décidé d’organiser un webinaire le 8 décembre. À cette occasion, les producteurs ont présenté leurs propositions à travers un Livre blanc. «Notre ambition à Légumes de France est de pouvoir augmenter la production française», a déclaré Jacques Rouchaussé, président de LDF comme en réponse à la déclaration d’Emmanuel Macron sur la reconstruction de notre indépendance alimentaire.

La production nationale de légumes ne permet de contribuer qu’à hauteur de 50 % aux besoins des Français. «Si nous ne faisons rien et si l’État ne prend pas conscience de cette nécessité d’accompagner notre filière, demain nous serons à 30 %», a poursuivi le président. Le Livre blanc est construit en quatre parties : social, compétitivité, protection des cultures et Outre-mer. L’ambition des maraîchers et des serristes est de porter la production française à 60 % d’ici deux ans et 70 % dans cinq ans, un objectif considéré comme «ambitieux, mais réalisable». La ferme légumes de France, c’est à ce jour 23 200 ha, soit 0,83 % de la SAU. «Pour atteindre 60 %, quelques milliers d’hectares nous suffisent», a constaté Jacques Rouchaussé.

Plan de relance

Au-delà de l’augmentation des surfaces cultivées, les producteurs maintiennent la pression concernant leurs principaux chevaux de bataille : harmonisation sociale européenne, une réglementation claire et précise pour la protection des cultures ; modernisation des entreprises et soutien aux investissements ; relation avec la grande distribution… Certes, quelques avancées ont été obtenues.

C’est le cas avec le dispositif TO-DE (allégement des charges pour les travailleurs saisonniers) qui a été reconduit pour deux ans. LDF souhaite désormais le voir étendre aux travailleurs permanents. Et puis il y a le volet agricole du plan de relance. Mais pour les producteurs de légumes (et ceux de fruits), ce plan est plutôt celui de la déception car il ne mentionne en aucun moment les fruits et légumes (cf. encadré). «Nous demandons un réel plan de relance spécifique pour notre filière fruits et légumes», a insisté Jacques Rouchaussé. Sur tous ces sujets, «nous ne lâcherons rien», a-t-il conclu.

Les producteurs «ni entendus, ni écoutés»

Les quatre fédérations représentant les producteurs de fruits et légumes (FNPF pour les fruits, LDF pour les légumes, Felcoop pour les coopératives, et Gefel pour les OP et AOP) ont saisi l’occasion du conseil spécialisé Fruits et Légumes (F&L) de FranceAgriMer pour manifester leur très fort mécontentement vis-à-vis du plan de relance. Une lettre ouverte au ministre de l’Agriculture a été lue pendant ce conseil. Ces quatre fédérations dénoncent les «difficultés croissantes de co-construction, de collaboration et de concertation avec les administrations nationales de l’agriculture».

Déplorant de n’être «ni entendus, ni écoutés», les signataires considèrent être «l’instrument d’une administration qui suit des directives ou objectifs qui lui sont propres». «Il n’y a aucune prise en compte des contraintes et spécificités du secteur F&L» dans le plan de relance. Les règles retenues pour mettre en application ce dernier «conduisent à un saupoudrage des aides qui n’auront aucun effet levier et même à un dénigrement de l’organisation économique». Les fédérations mettent en cause des «blocages techniques et administratifs» et un «désengagement de l’État de plus en plus marqué». Les auteurs de cette lettre demandent à être reçus par Julien Denormandie et que ce dernier accorde «à la filière fruits et légumes la considération qu’elle mérite au regard de ses atouts pour la diversité des territoires et l’alimentation de nos concitoyens».

Réélection de Jacques Rouchaussé

Jacques Rouchaussé (Marne) a été réélu, le 10 décembre, président des Producteurs de Légumes de France. À l’occasion du renouvellement du bureau, élu pour trois ans, Bruno Vila (Pyrénées-Orientales) et Christophe Rousse (Ille-et-Vilaine) ont été réélus secrétaire général et secrétaire général adjoint. Cyril Pogu (Loire-Atlantique) a été réélu premier vice-président. Il sera accompagné par Philippe Brehon (Pas-de-Calais), élu deuxième vice-président. Jean-Claude Guehennec (Yvelines) et Éric Testud (Bouches-du-Rhône) restent trésorier et trésorier adjoint. Le bureau est également composé de Laurent Bergé (Loire-Atlantique), Bernard Guillard (Manche), Marc Kerangueven (Finistère), Jean-Luc Leblond (Manche) et Michel Piquet (Loir-et-Cher).

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